Non Classé | un litre de chips

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Le brouillon

Vas-y, toi aussi, grille deux polas, laisse les gens fumer chez toi, ne vas pas en cours après une soirée, sors et bois un peu, sèche des cours, colle toi à des gens que tu connais à peine (finalement), mate tf1, voila, tout ça, ce genre de truc, tu verras, ça ira mieux, j’te jure.

La famille

La fête des mères, l’occasion pour moi de parler un peu pas de ma mère mais de ma famille toute entière, l’un des trucs les plus importants de la vie, et je déconne pas quand je dis ça.

Je me suis rendu compte que ce truc qu’on appellera cercle familial va en rétrécissant depuis que mes parents se sont séparés. Jusqu’à ce moment la, la famille aussi bien du côté de maman que de papa était plutôt cohérente, pas unie mais presque. Quelques conflits par ci par la mais rien de bien grave, on pouvait aller passer des vacances chez une famille comme chez l’autre, de manière indifférente. Séparation dans la douleur, et pour nous (mes frères et ma soeur et moi), il n’y avait pas vraiment de choix à faire, on est restés avec papa pour une raison purement pratique et logique, avec une grosse remise en question d’à peu près tout (oui même quand on a 15 ans) parce que j’étais sincèrement persuadé que ça n’allait jamais nous arriver, même avec plein de copains de classe qui voyaient séparément leurs parents un weekend sur deux et qui en parlaient comme d’un truc tout à fait normal. C’est finalement arrivé et ça à tout changé, je ne sais toujours pas si c’est mieux comme ça, mais on peut plus y faire grand chose aujourd’hui. Le cercle familial s’est donc réduit pour moi à mes frères, ma soeur et mon père, soit six personnes, ce qui est un peu paradoxal au vu du nombre d’oncles / tantes / cousins / cousines que j’ai.

Il nous a fallu du temps (quelques années) mais il arrive qu’on en reparle aujourd’hui, avec mon père, il a peut-être attendu qu’on soit « plus grands » pour en parler, mais ça se résume à quelques mots dans la voiture avant qu’il me dépose à la gare, et ça finit en larmes presque à chaque fois, « c’est difficile pour tout le monde, pour vous aussi, je sais, mais promis on va s’en sortir », et je ne trouve jamais rien à répondre parce qu’on pense exactement la même chose, que c’est beaucoup plus difficile depuis que c’est arrivé mais qu’on va faire tout ce qu’on peut pour s’en sortir.

Du coup, on fait tous des efforts, dans cette famille qui n’est ni éclatée ni recomposée, juste rendue un peu plus fragile par les choses qui arrivent. Garder le sens de la famille, préserver l’essentiel, tout ça.

La mise à l’épreuve

Les rideaux tirés au 6ème étage, 23 avenue de la République, c’est moi. Je m’enferme pendant 5 jours pour ce truc, alors qu’il fait 25° à Paris et qu’on recommence doucement à voir des des jupes et des décolletés dans les rues. Pour tenir le coup, je pense avoir trouvé la bonne méthode : 3h de boulot, 1h de pause (bon la ca fait qu’une demie journée mais je tiens).

Instant dédicaces et pensées émues :

- à tous les deux qui êtes partis en amoureux sur la cote pour le mariage d’une copine de promo, wayfarer sur le nez et compiles d’electro gravées sur des cd-r piqués à l’agence

- à toi qui rend ton mémoire demain, j’ai juste envie de connaitre le même état de soulagement et de « boulot fini », de moi aussi compléter mes notes de pied de page parce que ca veut dire que c’est effectivement la fin

- a toi pour le workflow dont je rigolais un peu au début mais finalement, oui, j’avoue que ça marche pas si mal (surtout sur un écran 22″ ou on peut quasiment faire du bi-écran, yeah). Pas encore 100% efficace mais t’avais raison, mec.

- à tous les parisiens bloqués à Paris malgré ce putain de méga pont et ce joli temps

Allez, j’y retourne.

Le propriétaire

« Allo, monsieur W. … oui c’est monsieur Fred à l’appareil. Je ne vous dérange pas… ? Oui, donc, je vous appelle car j’ai bien eu votre petite lettre en rentrant ce weekend, et, euh… écoutez, ok, je vais essayer de trouver une nouvelle chambre ou un nouveau studio d’ici quelques semaines… oui, je comprends… oui, bien entendu, le plus vite possible, mais je pense que ce ne sera pas avant fin juin, vous savez, je suis *un peu* occupé en ce moment, et ca risque de ne pas s’alléger… oui oui… très bien, hum, oui, euh, d’accord, ok, bah merci, au revoir. »

L’abandon

En ce moment, j’ai l’impression de complètement m’abandonner au stage (qui en est plus vraiment un, à mon sens), ne plus rien faire du tout à coté de ça, mais avec une bonne ambiance et des gens sympas qui disent merci et qui aident sérieusement à faire passer le boulot parfois un peu chiant et la rémunération qui te permet tout juste de flirter avec le seuil de pauvreté. M’abandonner genre ne vraiment pas compter mes heures, faire les trucs qu’on me demande sans dire quoi que ce soit, une variété de trucs qui va de la réflexion sur les blogs de filles à des retouches à base d’helvetica neue sur des pé-esse-dé et des exports depuis des sources en effe-elle-vé, voilà, un peu tout et rien, en fait. Faire de l’internet c’est un métier, et je suis content de voir que je suis à peu près compétent dans le domaine, en espérant sincèrement que ça paiera, un jour.

Et bizarrement, je pense tout autant à l’abandon, mais dans l’autre sens, genre tout lâcher, ne même pas rendre le mémoire (envisager ça c’est un peu le début de la fin), arrêter la pub, internet, fermer tout ce qui est twitter et facebook et les blogs, faire autre chose que de l’ordi pendant quelques temps, de la cuisine par exemple. Comme ce mec qui a décidé d’arrêter, à peine 30 ans, pas en pleine gloire mais presque, pour aller à la campagne parce qu’il en avait un peu marre de tout ça, parce qu’il trouve que ça fait trop longtemps qu’il est dedans.

Je blogue au boulot et c’est un billet qui n’est pas du tout raccord avec le joli temps qu’on a aujourd’hui mais on s’en fout.

Le paradoxe de Fred

le paradoxe de fred

Oué bon, je sais pas s’il tient debout, ou même s’il tient tout court, mais c’est l’impression que j’ai, en ce moment : que je suis pas mauvais dans les trucs que je n’aime pas plus que ça, et pas aussi bon que j’aimerais dans les choses dans lesquelles j’aimerais être bon.

C’est comme partout, me répondront certains.