Chips | un litre de chips

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La page blanche

La meilleure chose qui soit arrivée à ce blog, c’est que le module de stats se soit pété la gueule à cause d’une mise à jour foireuse, et que je n’ai pas envie de réparer tout ça. Je ne sais plus qui vient ici, quand, pourquoi et avec quels mots clés, et franchement c’est pas plus mal comme ça.

La version courte, c’est que j’ai changé de boulot il y a quelques semaines maintenant, j’ai laissé cinq ans d’études (inachevées) derrière moi pour repartir de zéro, dans un domaine que j’ai vraiment envie d’explorer. Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, j’en parlais déjà ici (clic clic) et j’ai donc mis deux ans pour que ça devienne vrai. Sinon, je repars en vacances dans quelques jours de l’autre coté de l’Atlantique et que j’ai vraiment hâte, parce que voyager ça aide toujours à prendre du recul sur les choses. Et j’en ai pas mal besoin en ce moment.

La version longue dirait que je me suis beaucoup livré aux gens ces derniers temps, à chaque fois pour des raisons très différentes, et que c’est peut-être pour ça que j’ai moins envie d’écrire ici. J’ai dit à ces personnes ce que j’aurais peut-être écrit ici avant, mais les choses ont un peu changé, du coup la version longue n’a peut-être pas sa place ici, désolé.

Les leçons

J’ai appris deux choses récemment : on peut être égoïste, et on peut mentir aux gens. Ce sont deux choses que je me suis toujours (ou presque) refusé à faire, je crois que c’est à cause de mon éducation ou quelque chose comme ça, je crois même savoir d’où ça vient précisément, mais j’ai ma pudeur et je vous en dirai pas plus.

Je trouve ça drôle de m’en rendre compte à un moment de ma vie ou je n’ai jamais été aussi bien entouré. J’ai tout autour de moi de chouettes gens qui m’encouragent et qui m’aident, et je ne remets pas un seul instant leur sincérité en doute, mais paradoxalement, je crois toujours aussi fort au fait que l’on est seul la plupart du temps, dans les choix que l’on fait et les décisions que l’on prend. Je pourrais aller encore plus loin dans ce paradoxe si je vous disais que je pense aussi avoir fait la majorité de mes choix pour les autres, avant de les faire pour moi. Je dis souvent que je ne fais pas les choses pour moi, mais pour les autres, de manière réellement désintéressée, quand il s’agit de la famille, ou de mes proches. Bref, c’est assez compliqué à expliquer, mais je crois que ça se tient.

C’est con mais je viens de me rendre compte que le bonheur (pas celui avec un b majuscule, faut pas déconner) passe par le fait d’être un peu égoïste. C’est un passage obligé, on n’y échappe pas. Je suis complètement admiratif face aux gens qui prennent toutes leurs décisions personnelles, sentimentales ou professionnelles « pour eux-mêmes et pour personne d’autre », ces gens là arrivent souvent à leurs fins (ils ont l’air heureux), et ça me laisse sur le cul à chaque fois.

Je ne sais pas à quoi tout ça ressemble, mais je le vois de manière plutôt optimiste. Simplement, ce n’est pas évident d’utiliser des gros mots comme bonheur, générosité, ou philanthropie sans paraître ridicule.

Je reviens après la pause.

Je voulais juste partager ce moment de solitude avec vous, c’était une chouette soirée dans un bar clandestin complètement improbable, complètement torché au vin rouge payé par un couple d’anglais jeunes et cools (3 bouteilles pour 3 sans compter les bieres avant et le vieux rhum cubain qui a suivi) avant que je me fasse pickpocketer mes papiers sur las ramblas. Ceci dit si on revient ensemble a barcelone j’ai l’obligation formelle de vous emmener dans cet appart transformé en bar / salle de flamenco / salle de billard planqué derrière une porte noire, déco anglaise ambiance sherlock holmes, et avec une sonnette qui indique « pipa club » et rien d’autre.

Il est 05h44 ici a barcelone et je viens de galérer avec un policier qui parle pas un mot de français ou d’anglais, et je traine tout seul dans la salle d’attente que certains d’entre vous connaissent, je crois…

Voilà, merci la technologie, merci le mobile, merci blackberry, merci bouygues telecom, merci le roaming data qui coute une blinde, et qui nous rapproche tous un peu dans ces moments la :)

Les objets

EDIT / Les photos sont disponibles ici : http://www.unlitredechips.com/yardsale

cadre

Ca fait très longtemps que j’ai envie de l’écrire, ce billet sur la photo, les photographes, et tout ce que j’en pense (mais ce ne sera pas long, je vous le promets). A chaque fois que je me retrouve à parler de la photo, je suis là à défendre mollement mon point de vue, alors je me suis dit qu’ici était peut-être le meilleur endroit pour essayer d’en parler. Ca fait un petit bout de temps que je fais des photos, et je commence à y croire, grâce aux gens autour de moi qui m’encouragent, mais aussi parce que j’ai l’impression de savoir « ou je vais », ce que j’ai envie de faire et de dire avec mes photos, même si ma production est très limitée en quantité. C’est un point de vue parmi des milliers, et je ne force personne à adhérer, ni même à être d’accord avec moi.

Je n’ai jamais essayé de faire une belle photo, ça n’a jamais été mon objectif. Pour moi, la photo se résume à deux choses, le regard et la lumière, il n’y a rien d’autre, pas le matériel, pas le sujet, pas la finalité ou quoi que ce soit d’autre. Quelqu’un qui me parle de son matériel (merci la démocratisation du reflex) avant que j’aie vu ses photos à perdu d’avance, je me fous des discours, de ce avec quoi tu shootes ou que tu te dises passionné de photographie, un appareil photo c’est un stylo, l’important c’est ce que tu écris, pas ce avec quoi tu écris. Parce qu’une photo se lit, comme un texte.

Au delà de ça, l’une de mes obsessions du moment se rapporte aux objets, dans un sens très large, mais rapporté à la photo, ça me rend triste de savoir qu’une photo meurt dans un disque dur, sur internet, dans ton facebook, et sur les écrans de manière générale. J’ai sincèrement envie qu’une photo vive en dehors de ça, laissée dans un coin d’une maison, sur un mur, et que tu passes devant, et que même s’il ne se passe rien, la photo est là, l’objet est là.

Conséquence de tout ça, si vous voulez l’une de mes photos, elle est à vous. J’ai envie de vous donner mes photos, d’en faire des objets qui circulent et qui vivent, comme ça, sur le mode suivant (rien de définitif pour l’instant) :

- le choix se limite à toutes les photos que j’ai sur flickr et sur ce blog, ainsi que d’autres photos que je dois encore retravailler et que je mettrai en ligne bientôt. J’exclus pour l’instant les polaroids, j’ai pas encore trouve de manière convaincante de faire des retirages…

- un simple tirage (taille 14×20) de n’importe laquelle de mes photos, tirée et envoyée à mes frais… Ceux qui sont sur Paris peuvent venir chez moi prendre le café :)

- un tirage encadré de petite taille comme sur la photo ci dessus (cadre alu noir 24×30, tirage 14×20), pour un prix à définir mais qui ne devrait pas dépasser 50 euros… à venir chercher sur Paris, je prefère ne pas envoyer ce genre d’objets par la poste…

-un tirage encadré de grande taille (cadre alu noir 50×40, tirage 20×30) pour un prix à définir, en dessous de 80 euros… également à venir chercher sur Paris

Je prépare une page dédiée à ce mini projet dans les jours qui viennent, et je prends aussi vos avis sur la question…

EDIT / Les photos sont disponibles ici : http://www.unlitredechips.com/yardsale

Les montagnes russes

Hey, ça fait longtemps.

Je crois que j’ai lâché un petit morceau à toutes les personnes que j’ai croisé ces derniers jours (et ces derniers soirs, surtout), et j’aime cette idée, l’idée que chacun détient un petit bout de l’histoire sans avoir l’histoire complète.

De quoi j’ai parlé à tous ces gens ? Beaucoup de l’avenir, c’est pas très original mais ça commence sérieusement à m’angoisser, là. On m’a donné tout plein de conseils par rapport à ça, « t’en fais pas t’as encore le temps », « fais ce que t’as envie de faire », « tombe amoureux », mais celui que je retiendrai, ce serait celui qu’on m’a filé hier soir, « arrête de trop respecter les gens et de faire ton putain d’asiatique, bordel de merde », bah oui mais qu’est ce que tu veux ça j’y peux pas grand chose, je ne peux pas arriver là au milieu de tous ces gens que je connais (ou pas, d’ailleurs) et leur dire euh ouais moi c’est fred, salut, et boum, voilà, c’est dans la poche. Pas que je ne soie pas fier de ce que j’ai fait et que je continue à faire, ça n’a rien à voir, je ne sais pas de quoi il est question, en fait.

Je deviens peut-être un peu plus paresseux à chaque fois, mais bon, vous aurez la suite plus tard, là je suis un peu fatigué, désolé.

L’effet de réel

C’est parti d’une discussion avec des jeunes, des gens de mon âge, qui parlaient de plein de choses, y’avait des blagues, de la musique, mais aussi des trucs super sérieux, genre qu’est ce que l’humanisme à notre échelle (je vous avoue que je ne savais pas trop ce que je faisais ici. ah oui, ils avaient besoin d’un graphiste qui savait utiliser photoshop lol). Discussion dont j’ai retenu une seule chose avec laquelle j’étais assez d’accord au final : les gens sont ce qu’ils font. Alors j’ai repensé au fait que je fasse des études en communication et que je passe cinquante heures par semaine dans une agence de publicité, et que c’était vraiment bizarre.

En fait, je ne sais pas vraiment ce que je fais là. Déjà, je n’explique toujours pas pourquoi je suis ici, enfin, pourquoi j’ai fait des études en communication, et ce que je fais aujourd’hui dans la publicité, je n’ai jamais vraiment été à l’aise avec ça. Je dépeins de gros clichés par rapport à ce que l’on peut entendre mais ça saute aux yeux, vraiment, que la pub est un truc un peu à part, ou les gens sont ce qu’ils disent. Les gens qui réussissent et qui montent sont ceux qui montrent (ou ouvrent) le plus souvent leur gueule, et rarement ceux qui travaillent le plus. Dans la publicité, on dit plein de choses mais on fait très peu, on se fout des bosseurs, on ne parle que de ceux que l’on voit et que l’on entend. Evidemment, je vous dis ça du point de vue du petit stagiaire à qui on file le boulot pas sexy et par rapport aux gens que je croise tous les jours, mais pour résumer mon idée, en fait, je crois toujours assez sincèrement et naïvement à la valeur du travail et au mérite, mais que pour le coup je suis dans un milieu ou les choses ne marchent pas du tout comme ça. C’est tout.

J’applique cette différence entre ceux qui disent et ceux qui font à plein d’autres domaines, et c’est comme ça que j’explique le fait que la politique ne m’a jamais parlé, que j’ai plus de respect pour un ouvrier que pour mon boss, que les longs silences au milieu des discussions ne me dérangent pas, qu’il y a des gens avec qui je ne serai jamais pote… Bref, je sais qu’il y a quelque part un texte de rap français qui dit tout ça mieux que moi, et ça me rend un peu perplexe, là (d’ailleurs si vous avez cette chanson quelque part je prends, merci).