L’effet de réel
C’est parti d’une discussion avec des jeunes, des gens de mon âge, qui parlaient de plein de choses, y’avait des blagues, de la musique, mais aussi des trucs super sérieux, genre qu’est ce que l’humanisme à notre échelle (je vous avoue que je ne savais pas trop ce que je faisais ici. ah oui, ils avaient besoin d’un graphiste qui savait utiliser photoshop lol). Discussion dont j’ai retenu une seule chose avec laquelle j’étais assez d’accord au final : les gens sont ce qu’ils font. Alors j’ai repensé au fait que je fasse des études en communication et que je passe cinquante heures par semaine dans une agence de publicité, et que c’était vraiment bizarre.
En fait, je ne sais pas vraiment ce que je fais là. Déjà, je n’explique toujours pas pourquoi je suis ici, enfin, pourquoi j’ai fait des études en communication, et ce que je fais aujourd’hui dans la publicité, je n’ai jamais vraiment été à l’aise avec ça. Je dépeins de gros clichés par rapport à ce que l’on peut entendre mais ça saute aux yeux, vraiment, que la pub est un truc un peu à part, ou les gens sont ce qu’ils disent. Les gens qui réussissent et qui montent sont ceux qui montrent (ou ouvrent) le plus souvent leur gueule, et rarement ceux qui travaillent le plus. Dans la publicité, on dit plein de choses mais on fait très peu, on se fout des bosseurs, on ne parle que de ceux que l’on voit et que l’on entend. Evidemment, je vous dis ça du point de vue du petit stagiaire à qui on file le boulot pas sexy et par rapport aux gens que je croise tous les jours, mais pour résumer mon idée, en fait, je crois toujours assez sincèrement et naïvement à la valeur du travail et au mérite, mais que pour le coup je suis dans un milieu ou les choses ne marchent pas du tout comme ça. C’est tout.
J’applique cette différence entre ceux qui disent et ceux qui font à plein d’autres domaines, et c’est comme ça que j’explique le fait que la politique ne m’a jamais parlé, que j’ai plus de respect pour un ouvrier que pour mon boss, que les longs silences au milieu des discussions ne me dérangent pas, qu’il y a des gens avec qui je ne serai jamais pote… Bref, je sais qu’il y a quelque part un texte de rap français qui dit tout ça mieux que moi, et ça me rend un peu perplexe, là (d’ailleurs si vous avez cette chanson quelque part je prends, merci).
ça fait plaiz de te lire à nouveau !
Je crois qu’il y a aussi pleins de gens qui arrivent à détacher ce qu’ils font dans la vie de ce qu’ils sont. Pendant longtemps (enfin, sur une échelle de quelqu’un qui a 23 ans et vient d’entrer dans la vie active, quoi) j’ai méprisé les gens qui ne rentraient pas dans les métiers que je trouvais « potables ». Du genre: « Ah oui? t’es trader/controleur de gestion/marketeur? » donnait automatiquement dans ma tête « gros naze ». Et puis sur ma route sont passés certains d’entre eux qui t’expliquent qu’ils sont dans une assoce humanitaire à côté, qu’ils ont une passion pour les trains en plastique, qu’ils ont un groupe de rock. Et pour moi, je ne suis absolument pas convaincue (c’est à dire que je ne me vois pas tafer 12h par jour dans un métier que je trouve « bof » ou qui ne correspond pas à ce que j’espère), mais je crois que pour pleins de gens, ça marche. Ils existent, j’en ai rencontré ;)
bref, ma vie est passionnante. C’est juste que cette réflexion sur « qu’est ce je fais de ma vie? » est une rengaine perpétuelle chez moi, donc ça me démangeait de te le dire.
en tout cas, welcome back.
meme cas de figure mais un peu différent. jsais pas si c’est fait pour moi, ce que je veux faire toussa toussa… ca sent la reconversion qui pointe le bout de son nez.